2 grossesses 0 bébé ; ma grossesse extra utérine (GEU)

J’ai eu du mal à me lancer dans l’écriture de cet article. J’y ai pensé, souvent. Mais me lancer à été difficile. De peur d’y replonger, de revivre toute cette horreur. Puis je me suis souvenue à quel point ça avait été libérateur de le faire après l’arrêt de ma première grossesse. Je le fais pour moi, puis aussi un peu pour celles qui un jour sont passées ou passeront par là. Se sentir moins seule, dans ce tourbillon.

  • Retour en arrière

Les premiers cycles après ma grossesse arrêtée ont été compliqué psychologiquement, parce qu’on m’avait dit « après une FC tu as plus de chance de retomber enceinte ». Alors qu’est ce qu’elle a fortement espéré la cocotte ? Bah retomber enceinte rapidement tiens! Ce sera pas le 1er, ni le 2eme tiens. Pourtant le 2e cycle, en vacances les pieds dans l’eau, il n’y a pas mieux non? Et bin non tiens, 10 minutes avant de prendre le chemin du retour, les voilà les copines. Les garces! Puis le 3è cycle, pleine d’espoir, j’ovule le jour de nos 10 ans. Ce serait tellement beau! Puis non tiens elles reviennent et avec de l’avance.

Bizarrement elles n’ont durées qu’un jour et demi. Mais what? Serais-ce des règles anniversaires ? Test négatif. Tiens ça t’apprendras d’avoir espéré! Puis toute la semaine qui a suivi j’avais mal au bas ventre, et des douleurs à la poitrine. Alors j’ai hésité entre le cancer du sein et la grossesse. Avec une petite préférence tout de même. Donc j’ai refait un foutu test, pour la énième fois. Et là, je ne savais plus quoi faire, quoi penser; il était positif. J’étais bien tombée enceinte le jour de nos 10 ans, merci la vie.

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Je suis partagée entre joie immense et peur intense, j’ai les larmes aux yeux. Je l’annonce au chéri en espérant que cette fois ci ce sera la bonne. A ce qu’on dit « après la pluie le beau temps non? ». Il est heureux, on est heureux mais tout de même sur nos réserves. Ne nous emballons pas, après ce qui est déjà arrivé vaut mieux se préserver.

Je refais un test urinaire à 48h en espérant voir une barre encore plus foncée, mais non elle est même plus claire. Bon peut être que je n’ai pas fait pipi assez longtemps dessus (naïveté quand tu nous tiens). Je décide donc d’aller faire une prise de sang. Étant ce jour là à 5 Sa+2, je découvre un taux dans les chaussettes à 158 ui. C’est le cauchemar à nouveau, je sais que c’est pas bon du tout. Je le sens. Puis ça se confirme. Dès le lendemain je perds du sang, légèrement. Je fonce à l’hôpital, pour une échographie de contrôle, mais le soucis est qu’à ce taux là, on ne peux absolument rien voir. Avant de repartir on me dit simplement; « refaite plusieurs prises de sang à 48h, si le taux double c’est que la grossesse évolue, s’il stagne il s’agit d’une grossesse extra-utérine, et s’il baisse c’est une fausse couche » Simple équation non? Aurevoir, merci.

Puis mes prises de sang s’enchainent, je passe de 158 à 142 puis 138. Voilà autre chose. Le taux ne descend pas du tout, il stagne. Du coup je pense immédiatement à une grossesse extra utérine. M*rde. J’appelle les urgences gynécologiques, et j’ai le droit à un magnifique « Vous savez des fois ça met du temps à partir, il faut laisser faire ». OK sauf que cette réponse ne me satisfait pas du tout, si c’est une GEU il est hors de question que j’attende patiemment. Je décide donc de m’orienter vers le centre médico chirurgical obstétrique de ma ville. Dans lequel je suis très bien prise en charge, le seul soucis reste que le diagnostic de la GEU est difficile à poser.

J’enchaine prise de sang sur prise de sang, associée à des echo endo-vaginales et des allers-retours au centre médical, à toute heure, même la nuit. Puis mon taux, ce coquin ré augmente, les médecins n’ont jamais vu ça. Il monte, monte mais sans doubler. Je passe de 138 ui à 402 ui, puis 600 ui. L’incompréhension. Mais les médecins finissent par se décider à poser le diagnostic de la grossesse extra-utérine, sans certitude complète. « Souvent on ne peux en être certain que lorsque c’est trop tard ».

Mon corps dis stop, j’en peux plus. Je suis épuisée moralement et physiquement. Avoir cette épée de damoclès au-dessus de ma tête, avec cette peur bleue de perdre une trompe. Je n’en dors plus, je mange difficilement, ça occupe mon esprit constamment. Je suis totalement terrifiée et interprète absolument toutes les petites douleurs comme des possibles ruptures. C’est l’horreur absolue pour moi. De vivre dans ce floue. Dans ce « rompra, rompra pas ».

Après la pose du diagnostic, je suis à nouveau piquée pour faire le bilan sanguin pré-méthorexate, et dès le lendemain je reçois l’injection en intra-musculaire (dans la fesse). Enfin pas tout à fait, puisque la veille ils avaient oublié de cocher un marqueur dans la prise de sang, donc rebelote nouvelle prise de sang. Je dois rentrer chez moi parce que les résultats ne seront disponibles que 3h après. Comme si c’était pas assez difficile comme ça..

L’injection n’est pas douloureuse, juste impressionnante parce que l’infirmière administrant le produit doit s’habiller en stérile en raison de la toxicité du produit.

Le méthotrexate est un médicament cytotoxique antagoniste de l’acide folique. C’est une des possibilités thérapeutiques dans le traitement des GEU non rompues, avec un taux de hcg <5000ui/L. Le taux de succès du méthotrexate varie de 65% à 95% selon les études. Après injection, une surveillance rigoureuse du taux de bhcg est faite, à J4 et J7, puis jusqu’à négativation.

Après 10 jours d’horreur, d’angoisse et d’examens dans tous les sens je commence enfin à voir le bout du tunnel, on me parle de faire encore 3 ou 4 prises de sang puis ce sera fini. J’arrive à J4, résultat mon taux à continué de monter jusqu’a 1000ui. M*rde. Bon ils m’avaient dit que c’était possible et que le plus important était la décroissance à J7. Donc lentement le J7 arrive et là, 790ui. Mouai pas franche la décroissance, mais satisfaisante pour les médecins. J’essaye donc de prendre sur moi et de faire confiance.

Le lundi suivant je suis en forme physiquement, des petites brulures intestinales dues au repas mexicain pris le samedi soir, mais rien de méchant. Donc m’occuper l’esprit au travail est le mieux à faire pour moi. Entre deux patients j’attends gentillement sur ma chaise, puis là d’un coup j’ai des petites étoiles qui se mettent à danser devant mes yeux. Puis ma vue se brouille. J’ai à peine le temps de prévenir mes collègues que je me retrouve par terre.

Le sol. Le noir. Les claques pour te réveiller, puis la douleur. Oh oui la douleur, c’est donc cette douleur là. Je comprend de suite que c’est mauvais. Les collègues s’agitent, les médecins débarquent. On me pique, on me perfuse, on me prend la glycémie. Une ampoule éclate sur le sol. Le stress se ressent dans l’air. Puis le samu arrive. Pour moi. Tout va vite, si vite, trop vite? Non pas trop vite, juste ce qu’il faut. Je suis extérieure à tout ce qu’il se passe, tout me parait flou. Je me tiens le ventre, fermement. Et je me concentre: inspire-expire, inspire-expire. Encore.

Je me retrouve très vite au centre qui me suivait. Mon conjoint me rejoins au même moment. Il est pâle. Je sais qu’il est effrayé. Et je m’en veux de lui faire vivre ça. On me dépose aux urgences, s’en suit très rapidement une échographie abdominale. « Madame on va devoir vous opérer, vous avez du sang dans le ventre ». Ces mots. Que je ne voulais pas entendre. Et mon conjoint qui devient encore plus pâle. Je lui dis de s’assoir, il craque. Je tente de garder la tête droite, pour lui. Pour ne pas perdre pieds entièrement. Puis le chirurgien vient me voir en m’expliquant qu’on va passer par le ventre en faisant 4 petits trous (la cœlioscopie) en première intention, mais que si les complications venaient, on pouvait me faire une césarienne ou une laparotomie médiane. Une césarienne, sans bébé. Je pourrais cacher la cicatrice, mais une cicatrice au beau milieu de mon ventre? Pitié faite que la cœlioscopie fonctionne. Puis on me dit qu’on verra au moment de l’opération, en fonction de l’état de la trompe, s’ils peuvent la laisser en place ou la retirer. Ça fait beaucoup d’inconnues. Trop d’inconnues.

Le masque sur le visage. Inspire-Expire. Inspire-Expire. Encore. Puis le néant. Je ne sais pas au final combien de temps ça aura duré, mais je suis réveillée par une voix. Celle du chirurgien qui m’explique ce qu’il a fait. Deux secondes s’il te plait. Je comprend rien. Je suis complétement dans les vapes encore. Mais à ce que je comprend ma trompe est encore là. En forme. La chanceuse. Puis il pars. Et moi j’hésite. J’hésite à soulever le drap, de peur de me retrouver avec un énorme pansement, masquant une énorme cicatrice.  Allez, un peu de courage. Encore. Je soulève. 4 petits pansements. Le soulagement. C’est bon tout s’est passé « au mieux ».

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La coelioscopie (ou laparoscopie) est une technique chirurgicale mini invasive pratiquée au niveau de l’abdomen. Cette technique est rendue possible par l’utilisation d’une petite caméra  et d’instruments de chirurgie adaptés, introduits dans l’abdomen à travers de petites incisions. L’intervention est pratiquée sous anesthésie générale. Du CO2 est insufflé dans l’abdomen pour gonfler l’abdomen et y faciliter le travail chirurgical.

Deux heures en salle de réveil, une infirmière se promenant avec son coca zéro tandis que moi je mourrai littéralement de soif. Bon elle a été gentille. J’ai eu le droit à une compresse imbibée d’eau. (merci madame) J’ai mal, vraiment mal. Anti douleurs à Gogo. Même la morphine y passe. Mais la douleur ne passe pas. « Tant que votre EVA ne descend pas en dessous de 3, vous ne descendrez pas dans votre chambre ». Tant bien que mal, je descend sous cette barre. Avec un peu de tricherie, parce que mon conjoint n’attendait que mon retour dans la chambre. Et je n’attendais que de pouvoir le voir.

Je dois sortir le lendemain. Déjà? Ça me parait bien trop rapide. Mais bon après tout je n’aurai pas vraiment le choix. Puis le choix s’impose de lui même. Je souffre, vraiment. Puis je fais à nouveau un malaise. Ma tension est trop basse. Par principe de précaution, j’y reste une nuit supplémentaire. Avec interdiction de sortir de mon lit toute seule. Ça tombe bien, je peux à peine faire 3 pas.

Le lendemain, enfin je sors. Soulagée. Parce que qui dis interdiction de se lever, dis interdiction de prendre sa douche. Je me sens sale. Je ne tiens pas bien sur mes jambes. Je me sens fragile. Tellement fragile. Mais je m’en suis sortie. Cette foutue grossesse extra-utérine qui aurait pu me coûter la vie. Mon petit bébé qui était juste mal placé. Juste mal placé. A quelque centimètres près, tu serais là. Au creux de mon ventre. Encore aujourd’hui.

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Puis maintenant il faut se relever. Encore. Trouver du positif, même dans le pire. Encore. Et s’accrocher. Mettre un pied devant l’autre, puis attendre que le temps passe. Tenter de faire le deuil de cette deuxième grossesse, de ce deuxième bébé qui n’avait rien demandé. Que le corps s’en remette. Et l’esprit. Que les médecins nous redonnent le feux vert. Qu’on soit prêt. Que la vie reprenne le dessus.

 

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Je vous embrasse.

 

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Comment se relever après une fausse couche?

Parce que j’aurai préféré ne jamais devoir écrire ces deux mots, et encore moins devoir subir cette fausse couche. Mais puisque maintenant il faut continuer à avancer, tenter de se relever, il faut poser les mots pour soi et pour les autres. Ceux qui passeront par cette épreuve, et les autres qui ne peuvent comprendre..

Les pressentiments vous connaissez? A deux reprises j’en ai eu. Un que j’ai adoré, l’autre que j’aurai préféré ne jamais avoir..

5h45, je me réveille après un rêve totalement décousu. Cette nuit là, j’ai rêvé que j’étais enceinte, à deux reprises. J’ai aussi rêvé qu’un avion se crachait (j’ai eu peur au premier bruit d’avion entendu pendant la journée suivante..) j’ai donc couru cherché le test de grossesse que j’avais acheté quelques jours plutôt et j’ai fais pipi dessus. Oui c’est très glamour, mais quand au final ce test s’avère positif on s’en fou totalement. Une petite barre, tellement claire que je ne suis pas sûre de moi. Je prend le flash, oui oui c’est bien positif je ne suis pas folle. Maintenant attendre que le laboratoire ouvre ses portes. Le temps ne passe pas assez vite. Puis la fin de journée arrive enfin, et là la confirmation tant attendue ; 55 UI/l . Validation biologique :

JE SUIS ENCEINTE.

Des futurs parents aux anges, mais déjà les questions se bousculent. Est-ce qu’on est prêt? Attend mais ça veut dire qu’il va naitre à Noël, enfin si j’ai bien calculé. Attend je recommence pour la 10ème fois. Puis comment on va faire, nounou, crèche? Est-ce qu’il sera en bonne santé? Est-ce que je vais réussir à être une bonne mère? Bien meilleure que n’a été la mienne? A ce qu’il parait c’est normal de se poser 1000 questions!

Puis il faut commencer à prendre les rendez-vous, la gynécologue me dis de venir la voir le 1er juin (QUOI ?! dans 35 jours? une éternité..) pour l’échographie de datation. Impatiente que je suis, je sais déjà que c’est trop loin pour moi. Je décide donc de faire une prise de sang mi mai, pour vérifier que ce petit bébé grandisse bien. Heureuse, j’y vais confiante. Le résultat tombe, et je pleure. Je sais que c’est pas bon. Je suis censée être à 8 SA et je suis à 1220 UI/l/.. Je regarde la fourchette, je devrais être entre 12000 et 151000… Humm OK. Bon peut être que j’ai ovulé plus tard? (Non je l’ai senti, je connais la date exacte) J’appelle ma gynécologue, elle se montre rassurante « vous savez j’ai déjà vu de tout avec les taux, on va refaire la prise de sang dans 48 heures pour voir ce que ça donne ». Je ne savais pas que 48 heures pouvaient être si longues. Des heures passées sur internet pour essayer de se rassurer avec ce taux si bas. Des heures à pleurer parce qu’au fond je savais bien que quelque chose n’allait pas. Puis la deuxième prise de sang arrive, le deuxième résultat arrive 1611 UI/l. Avant d’aller faire la prise de sang déjà je pleurais. Et en recevant le résultat j’ai continué. « En 48 heures le taux est censé doublé ». Mon taux n’était pas loin d’avoir doublé, il en était à des années lumières.. « Mais ne t’inquiète donc pas comme ça, ton taux continue d’augmenter c’est bon signe ».. Ouai bon j’arrive pas à me rassurer, j’ai ce mauvais pressentiment et j’arrive pas à m’en défaire.

Sur avis de ma gynécologue qui parle de GEU, je me rend aux urgences gynécologiques. 1h30 d’attente, pas si long en définitif, mais déjà trop long pour moi. On fini par me prendre, mon conjoint me tient la main. Ils me font une échographie et là je vois. Je vois son petit coeur battre. Oh oui je le vois. Et là je m’en veux tellement d’avoir passé les dernières 48 heures à pleurer. Parce que ce petit bébé est bien là. Pas d’explication sur mes résultats de prise de sang « Oh vous savez entre la théorie et la vraie vie » Humm Ok merci docteur. On se revoit dans 10 jours pour vérifier tout ça. Et je repars, le cœur plus léger mais aller savoir pourquoi je ne suis pas totalement soulagée.

3 jours après, des petites pertes brunes. Une amie me rassure, toute sa grossesse elle en a eu. Ok je prend tout ce qui pourra me rassurer. Puis le jour de l’échographie arrive enfin. On est vendredi, on est heureux d’y retourner pour vérifier que notre petit bébé à bien grandi. Puis après cette écho on a tout préparé pour l’annoncer aux parents du chéri (on ne les voit que 3 fois par an, alors pourquoi attendre et devoir l’annoncer par téléphone?) … Je m’installe, le sage-femme est vraiment super. On regarde l’écran et on comprend de suite. On ne voit plus ce petit cœur battre. « Je crains que les nouvelles ne soient pas bonnes » . Oui on avait cru comprendre Monsieur. On continu à regarder l’écran sans pouvoir avaler notre propre salive. Il inspecte, il mesure, il nous explique. « Il n’y a plus d’activité cardiaque, il a arrêté de se développer, et là vous voyez la poche commence à se décoller. » C’était donc ça les petites pertes brunes. C’était donc ce jour là que mon petit bébé s’est arrêté de vivre? On essaye d’assimiler toutes ces informations. On essaye de se dire que ça va aller. Mais tout s’effondre.

On doit donc se rendre à l’hôpital pour la « suite ». Là tout se bouscule, comment ça va se passer? combien de temps ça va mettre? qu’est ce que je dois faire? On est totalement perdu. On me demande à combien j’en étais, si c’était désiré ou non (oh que oui) puis on m’explique que je devrais revenir prendre un premier médicament (mifégyne) pour préparer le col, et 48 heures après je devrais être hospitalisé une journée afin de prendre un deuxième médicament (cytotec) qui va provoquer des contractions et me faire « expulser l’embryon ». Charmant. Puis là elle me dit donc ma première place est jeudi prochain. Elle se fou de ma gueule? dans quasi une semaine? Vous me dites donc que je vais devoir garder mon bébé mort en moi pendant 10 long jours? « J’ai beau regardé, on ne pourra pas avant ». Ok puisque je n’ai pas le choix de toute façon.

Le temps est long, j’ai plus de larmes tellement j’ai pleuré. Je vais donc définitivement perdre mon bébé le jour où j’aurai du le voir pour la premiere fois, le 1er juin. Formidable. Le médecin me rassure, « ça arrive dans 10% des grossesses, il a du y avoir un soucis au niveau de l’assemblage des chromosomes. C’est une bonne chose au final, ça montre que vous et votre conjoint vous êtes fertiles » bien sur, j’ai eu la chance de tomber enceinte à mon 4ème cycle d’essai. C’est une chance oui c’est certain et j’en suis bien consciente.

Je passe donc mon 1er juin à l’hôpital, entre contractions, chute de tension, crampes, saignements et j’en passe. Les infirmières sont géniales, elles me donnent ce qu’il faut pour me soulager, antalgiques et même acupuncture. « Il faut marcher et encore marcher pour qu’il se décroche » . Vous savez combien de tour j’ai du faire? je n’en sais strictement rien, mais beaucoup. J’avais envie que ça se termine au plus vite. Je pense l’avoir perdu vers 11h. Vérification  à 15h « le contrôle échographique montre une vacuité utérine complète » vous pouvais rentrer chez vous Madame. Fort heureusement je n’ai pas passée cette journée seule, je rentre donc avec mon conjoint, soulagée que ce soit enfin fini.

16h15 Je rentre me coucher. Enfin non je vomis d’abord mes tripes. Pendant des heures. Allez savoir pourquoi ? trop de stress cumulé? Trop de coca ingurgité « buvez du coca Madame ça peut vous aider » et ensuite je continu à aller aux toilettes. Puis là je comprend que le médecin s’est trompé. Je le perd finalement dans mes toilettes. On se dit qu’on a tellement peur de le voir, qu’on ne veut pas. Mais j’étais obligé, pour m’en assurer. Rassurez vous au final on ne voit rien. Pas au stade où ça c’est arrêté pour moi tout du moins.

« Le bonheur en partant m’a dit qu’il reviendrait » – Prévert.

Les jours passent, la douleur est toujours là présente. Mais je suis soulagée. Je n’ai plus ce bébé mort en moi. C’était je pense le plus difficile à supporter. Je sais qu’on va pouvoir tourner la page, passer à autre chose. Facile à dire hein? Bien moins facile à vivre. Il faut faire le deuil de cette grossesse, de ce bébé. Toutes ces choses qu’on avait déjà imaginé, tous ces projets qu’on avait déjà en tête. Toute cette joie qu’on allait pouvoir donner et recevoir.

Il faut essayer d’avancer. Tenter de prendre les choses positives qui se présentent à nous. Se dire que si c’est arrivé c’est qu’il y avait une raison. Il n’était pas viable. Est-ce que j’aurai préféré l’apprendre quelques mois plus tard ? NON. Est-ce que j’aurai préféré avoir un bébé trop malade pour vivre? NON. On essaye de se rassurer comme on peux. La fausse couche est encore trop tabou, trop peu de personnes ose en parler. Et pourtant je pense que c’est comme ça que j’arriverai à tourner la page à avancer. En parler m’aide. J’ai tenté de chercher sur internet des articles qui en parlent, d’où le titre de mon article. Parce qu’au final je n’en ai trouvé qu’un ou deux. Il y a sans doute beaucoup de personnes qui préfèrent le garder pour eux, chose que je respecte totalement. Et il y en a d’autres qui tentent de se rassurer, de savoir qu’on est pas les seuls. Qu’on fini par s’en sortir et par être heureux à nouveau.

Pas de Happy End pour la fin de cet article, pas de nouvelle grossesse à annoncer. Pour l’instant on attend que le corps s’en remette, et on se demande si la tête sera elle aussi prête à nouveau pour une nouvelle grossesse?

A vous toutes, n’abandonnez pas. C’est une épreuve terrible à vivre. Mais la vie finira par prendre le dessus. Bien sûr il y a des jours où on flanche, où on pleure encore et où on se demande encore mais pourquoi moi. Mais la vie reprendra le dessus, parce qu’on aura aussi le droit à ce petit cœur qui bat, à ces petits coups de pieds, à ces petits cris de bébé.

Je vous embrasse, bien fort.

 

sweetlmoon

Le meilleur est à venir.

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∇ 1 année. 12 mois. 52 semaines. 365 jours. 8 760 heures. 525 600 minutes. ∇


2017. Je m’en souviendrai de toi. On avait tant d’espoirs, tant de rêves à propos de toi. Puis t’en a fait qu’à ta tête. Après tout c’est toi qui décide.

Je suis soulagée que cette année se termine enfin. Elle aurait dû être parfaite; notre premier grand voyage à l’étranger à deux, ma première grossesse qui devait se terminer en décembre, mes 25 ans. Ces grandes étapes, ces grands projets qui se sont cassés la gueule et qui nous ont écorchés au passage.

Je suis arrivée au bout de ces jours interminables, où je savais mon bébé mort en moi et qu’il me fallait attendre de pouvoir m’en « séparer ». Ces nuits d’insomnies à ressasser ces moments d’horreurs, à se demander pourquoi encore et encore. Ces semaines de tristesse, d’angoisse de ne pas s’en défaire, de ne pas s’en remettre correctement. Puis les mois d’attente, d’un nouvel espoir tout en restant complétement flippée. Et cette crainte que ça recommence. Puis le recommencement, en pire. Différemment, mais plus sournoisement. La vie est une vicieuse. Une garce même par moment. Mais elle finira bien par se calmer. C’est comme ça, c’est écrit.

Le temps est passé même s’il m’a paru interminable par moment, il est passé. Il est révolu. On ne peux pas revenir dessus, ni y changer quoi que ce soit. On m’a toujours dis que les choses n’arrivaient pas sans raison, j’attends impatiemment de voir. Ces moments d’horreurs nous ont mis à terre, nous ont fait perdre espoir le temps d’un instant, juste le temps de pouvoir mieux se relever. Au bout du chemin on aura appris beaucoup de notre couple, malgré nos 10 ans d’ancienneté, on aura évolué et on en sort encore plus soudés. Bien plus soudés.

A 24 heures de démarrer une nouvelle année je me sens à peu près sereine. J’ai confiance en l’année qui va démarrer, après nous avoir fait endurer toute cette pluie (tempête, tornade, cataclysme) le soleil sera forcément au rendez-vous. Tout du moins il a intérêt, où elle aura du soucis à se faire.

La page se tourne, mais ne s’oubliera pas. Dans ces moments plus que difficiles j’ai trouvé des filles au grand cœur, des oreilles attentives, des mots rassurants et réconfortants. Trouver le positif, même dans le pire. Vous aurez été ma lumière à travers ces moments sombres, et je vous remercie pour ça. Parce qu’au final on se sera rattrapées les unes aux autres, pour avancer et mieux se relever. Avec du recul et du temps, parfois beaucoup de temps, on verra ces épreuves avec plus de douceur et moins d’amertume. On ne verra plus que ce que cela nous aura apporté, et non plus ce que cela nous a enlevé. Et c’est le plus important, parce qu’on se relèvera toujours tant qu’on continuera à se battre pour notre bonheur.

En attendant, profitez des petits bonheurs, de vos proches. Profitez de tous les instants, et surtout pensez à vous, faites vous plaisir et lâchez vous. La vie continue, peu importe ce qu’elle nous fait traverser, il faut suivre le mouvement et elle finira par nous apporter ce qu’on désir au plus profond de nous. En attendant, soyez heureuse.

 

Je vous embrasse bien fort et vous souhaite le meilleur pour l’année qui arrive.

A cette fin d’année. A cette page qui se tourne.

Et à cette nouvelle année pleine de promesse.

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Les montagnes russes.

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Bonjour ici les montagnes russes.


Le temps passe, mais j’attends toujours que la douleur s’estompe. Elle le fait, mais lentement. Ou plutôt elle se joue de moi, à se montrer toute petite, me faire croire que oui je vais mieux. Puis elle revient sournoisement, plus forte que hier. C’est peut être parce que j’ai vu cette photo d’une copine d’enfance avec son joli bidon, celui que j’aurai déjà du avoir. Parce que oui la vie est méchante, elle a exactement le même terme que j’aurai du avoir. Oui je sais trop facile. C’est trop facile de retomber dans sa tristesse et dans cette boucle infernal des j’aurai du être à 19 SA, j’aurai déjà su si tu étais une petite pisseuse ou un petit merdeux, ou encore j’aurai déjà fait cette petite liste de prénoms. C’est simple de retourner dans cette spirale négative, bien moins évident de se relever complétement. Alors oui on tient debout, on marche, on avance, parce qu’on a tout de même envie de s’en sortir. Mais au final c’est loin, très loin d’être une chose simple.

Puis surtout n’en demandez pas trop, à vous-même et aux autres, vous risqueriez d’être déçue. On m’a déjà dit « ne le garde pas pour toi, parle en ça te fera du bien« . Alors oui j’en ai parlé, oui ça m’a fait du bien dans certains cas, dans d’autres j’aurai mieux fait de m’abstenir. Parce que oui certaines personnes, sans le faire consciemment je l’espère, t’offre des répliques adorables. Attention à ne pas prendre au pied de la lettre. « Tu sais tu n’est pas la seule à vivre ça » décryptage : donc puisque nous sommes nombreuses à vivre ça je dois me sentir mieux. Tiens j’essayerai de dire ça à mon prochain patient, je suis sure qu’il aimera entendre ça entre deux séances de rayons. « Arrête d’y penser et ça viendra tout seul »  décryptage : donc après avoir vécu ma fausse couche, je dois ne plus y penser, avaler mon acide folique sans y penser et faire l’amour avec mon conjoint sans y penser, techniquement je demande des explications ça a l’air si simple dit comme ça! Pour leur défense, ces répliques venait de personnes qui ne sont pas encore dans les essais grossesses ou qui sont simplement tombée enceinte dès le premier mois d’essai. D’un côté je suis heureuse qu’elle ne puisse pas comprendre, parce que j’espère de tout cœur qu’elle ne passeront pas par là. Mais si je peux me permettre un petit conseil à celles et ceux dont un proche passe par là; mieux vaut s’abstenir de dire des choses comme ça. Ça à l’air de rien comme ça, mais au fond ça nous blesse plus qu’on ne le voudrait. Faite-nous simplement un bon gros câlins, ça vaudra tous les mots du monde.

Parce qu’on aimerait vraiment y penser moins, réussir à tourner la page comme si au final ce n’était pas si horrible que ça. La société veut terriblement minimiser la fausse couche comme quelque chose de banal, quelque chose qui touche beaucoup de femmes et qui donc n’est pas dramatique en soi. Alors d’accord c’est ainsi, le corps est une machine exceptionnelle et a fait le job en rejetant ce qui n’était pas viable. Mais ce petit truc qui n’était pas viable, devait être notre bébé. On arrivera un jour à y penser avec moins d’amertume et de rancœur c’est certain, mais en attendant laissons-nous le droit d’être triste, laissons-nous le droit d’en pleurer. Il faut réussir à accepter cette tristesse, la revanche n’en sera que plus belle.

Cette semaine je suis passée par toutes les émotions possibles; penser être enceinte, y croire dur comme fer parce que des remontées acides ça s’invente pas, puis se casser la gueule parce qu’au final les garces sont arrivées. Donc si ça s’invente. Ou plutôt notre esprit est tellement concentré sur notre corps qu’on perçoit et ressent des choses qu’en temps normal on aurait même pas vu. Sans doute je devrais lâcher prise davantage, mais j’y arrive pas tous les jours. Certains jours je vais bien, d’autres carrément moins bien. Les montagnes russes quoi. La vie quoi.

Premiers mots

Les mots sont parfois difficiles à entendre, difficiles à écrire. Mais ils sont bien souvent nécessaire.

 

  • Moi.  24 ans, presque 25 (ça compte?)
  • Amoureuse depuis une décennie (ooouh le vieux couple)
  • Aucune prétention d’écrivain
  • Je dévore les séries comme je mange les bonbons (par tonne)

 

Faîtes un vœu et placez-le dans votre cœur. Tout ce dont vous avez envie, tout ce que vous voulez. C’est bon? Bien. Maintenant croyez que ça peut se réaliser. On ne sait jamais quand un miracle peut arriver, un sourire ou un souhait à réaliser. Mais si vous croyez que ça peut arriver au détour d’une rue et que vous ouvrez votre cœur et votre esprit à cette possibilité, à cette certitude, il se pourrait que vos souhaits se réalisent. Le monde est plein de magie. Il suffit d’y croire. Alors faîtes un vœu. C’est bon? Bien. Maintenant croyez-y de tout votre cœur.

(oui oui j’ai regardé les Frères scott et j’aime les citations)

 

Je vous embrasse.